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Francois Alary, le deuxième des Alary brothers
TGvins : Avec 10 années de recul, pouvez-vous nous expliquer l'évolution du domaine dans ses choix de culture, vinification, élevage?
François Alary : Avec 20 années de recul nous avons abandonné progressivement les produits chimiques pour adopter une culture plus proche des méthodes des " anciens ". L’objectif étant de faire revivre la vie micro-biologique des sols " par des apports de fumier composté, d’enherbement naturel etc… ", de faire plonger les racines des souches dans notre terroir pour en extraire tous les éléments qui y sont enfouis. En vinification, des méthodes douces qui s’adaptent plus au millésime sans rechercher une extraction forcée.
En élevage, chaque cépage est conduit en fonction de ses caractéristiques, en cuve béton pour les grenaches, en demi-muids et pièces de plusieurs vins pour les syrahs et les mourvèdres qui demandent plus d’oxygénation à l’élevage.
TGvins : Quel est le style de vin auquel vous aimeriez arriver en tenant compte des contraintes climatiques et autres de votre région?
François Alary : Soyeux, fruité, complexité, gras, et surtout ne pas renier leur terroir.
TGvins : Êtes vous curieux en matière de vin?
François Alary : Bien sûr, et cette curiosité depuis des années nous permet d’apprendre, de comprendre certaines choses et de progresser.
TGvins : Quel terroir rêveriez-vous de vinifier un jour?
François Alary : Les grands terroirs de Bourgogne.
TGvins : Quels sont les vignerons, français ou étrangers, qui vous impressionnent le plus, et pourquoi?
François Alary : Deux vignerons de notre région, Jacques REYNAUD qui a hissé un vin du Rhône au plus haut rang mondial des vins. René SINARD parti de rien qui a fondé un domaine au Top " sans se soucier de la mode du moment ", un moment caviste à Paris, puis de retour à Valréas pour rehausser à nouveau le domaine, retraité, et à nouveau, achat d’un domaine dans le Minervois. Quel courage, quelle passion, un des grands vignerons du Rhône.
TGvins : Le mythe du vieillissement est encore très présent, mais les vins d'aujourd'hui ont-ils intérêt à être gardés au-delà d'une dizaine d'années?
François Alary : Peut être que les préférences des " anciens " consommateurs allaient plus sur des arômes tertiaires. Maintenant la mode, et les méthodes de vinification tendent vers une consommation des vins plus jeunes, mais c’est encore une fois affaire de goût, de millésime, et aussi de condition de garde dans les caves… .
TGvins : À table, quels sont les bons accords avec vos vins?
François Alary : Pour les rouges, de l’agneau en passant par le sanglier, sans oublier les grives et les bécasses et beaucoup de plats épicés. Pour les blancs, viandes blanches, pâtes ou pommes de terre aux truffes, rougets, saumons et un grand nombre de poissons cuisinés sans oublier les fromages.
TGvins : Avez-vous un souvenir marquant d'un accord particulièrement réussi entre un plat et un vin?
François Alary : Beaucoup de souvenirs mais un des premiers en 1993, au restaurant la Beaugravière avec des amis belges… un TRÉVALLON 1983 en magnum sur un repas aux truffes, j’en pleure encore.
TGvins : Dans un monde de plus en plus aseptisé et réglementé, quel avenir voyez-vous pour le vin?
François Alary : De plus en plus de réglementations de contraintes et peut être une viticulture à deux vitesses. D’un côté les grosses structures avec des gammes de vins moyens et de l’autre des petites unités recherchant des vins de terroir pour des passionnés.
TGvins : Les 10 vins que vous emmèneriez sur une île déserte?
François Alary :
- Meursault Perrières Coche-dury
- Chapelle
- Hermitage Blanc Chave
- Rayas
- Lalou Bize-Leroy
- Vouvray de Foreau
- Chablis de Raveneau
- Vin jaune de Macle (pour les soirées autour du feu)
- Silex de Dagueneau (pour l’apéro du vendredi)
- Champagne " La Closerie " (pour fêter le retour du bateau)
François ALARY
TGvins : Comme François n'indique pas de millésimes et que nous connaissons son côté épicurien, on peut supposer qu'il ne se contentera pas de 10 bouteilles ...
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